En septembre 2016, Raphaël Robil a pris à 32 ans la Présidence du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) Lille Métropole. A ce titre, mais aussi en tant que fondateur et dirigeant de l’agence web Lemon Interactive, il nous confie les attentes et les préoccupations des jeunes entrepreneurs.

Qu’est-ce qui fait courir les entrepreneurs d’aujourd’hui ?
Tout d’abord, la liberté personnelle. Clairement, on crée son entreprise pour exploiter une envie, développer un projet à fond et pouvoir le faire avec cœur, aller vers ce qui fait plaisir. Ensuite, je dirais pouvoir être libre de gérer son temps. Cette envie est de plus en présente chez les salariés comme chez les entrepreneurs. Paradoxalement, ces derniers en ont très peu, du temps, car ils se consacrent pleinement au développement de leur activité. Mais être chef d’entreprise permet aussi de dédier du temps à d’autres projets plus personnels, parfois inaccessibles quand on est salarié. Enfin, être entrepreneur, c’est aussi répondre à une quête de sens et d’utilité. Une entreprise est souvent créée pour répondre à un besoin qui n’est pas satisfait. Pouvoir développer un projet qui a du sens et du potentiel, qui est en phase avec ses valeurs, voilà une tendance de fond propre à cette nouvelle génération d’entrepreneurs.

Quelles sont leurs principales préoccupations ?
Personne n’est préparé au métier d’entrepreneur car il n’existe pas vraiment d’école du dirigeant en France. C’est au jeune dirigeant, seul aux manettes de son entreprise, d’apprendre à piloter, à gérer le quotidien, à faire face aux pics et aux creux d’activité, à gérer sa trésorerie, le manque de visibilité parfois. Le CJD est en cela une véritable école car il permet d’échanger avec ses pairs sur des problématiques distinctes, quel que soit son secteur d’activité. Le fait de pouvoir se retrouver entre dirigeants et d’échanger librement est essentiel pour se rassurer, prendre de bonnes idées et gagner en sérénité dans la gestion de son entreprise.

Comment cultiver et développer l’esprit d’entreprendre ?
J’ai souhaité orienter mon mandat au travers de ce mot d’ordre porteur de sens : “ Partageons la fierté d’entreprendre « . Au CJD, nous avons la conviction que le fait de cultiver la libre entreprise, celle des patrons comme celle des collaborateurs, permettra une expérience de vie différente. Nous développons de nombreuses actions au niveau national, notamment à destination de la jeunesse, afin de dédramatiser la création d’entreprise. Depuis 3 ans, nous organisons également des « Vis ma vie » où un jeune dirigeant vit 24 heures de la vie d’un homme politique, d’un syndicaliste, d’un directeur de banque ou d’un prêtre, et inversement. Cette expérience passionnante nourrit l’engagement sociétal du CJD. Avec 160 dirigeants représentant 5 000 collaborateurs, le CJD Lille Métropole est la plus grosse section de France. Cette belle énergie positive nous donne des ailes pour mener des actions concrètes et innovantes au service de l’entreprenariat.